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La conquête de l'Algérie : la bestialisation de l'indigène...Première partie : La logique cynégétique

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I.  La logique cynégétique     Dans les premières lignes des Damnés de la terre où il décrit notamment le manichéisme sur lequel repose la société coloniale, Frantz Fanon note que lorsqu'il s'agit d'évoquer l'existence du colonisé, le colon recourt le plus souvent aux mots et images du bestiaire. En somme, ce « langage zoologique » est l'un des signes les plus évident d'une déshumanisation propre au monde colonial. Or ce « langage zoologique », qui vise à animaliser et plus encore à bestialiser, n'est pas seulement un ensemble de métaphores qui permettrait, par le jeu des correspondances, de décrire ce colonisé si étrange mais que le colon se targue de si bien connaître  par la fameuse formule « je les connais bien moi... » . Ce langage est inséparable d'un ensemble de pratiques qui vont de la domestication à la légitimation de l'extermination, en passant par le massacre ou la chasse à l'homme lors desq...

Dupont La Joie, la prochaine fois le feu...

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         En parcourant quelques-uns des films français qui ont prétendu prendre pour objet la question du racisme, on note que l'on navigue le plus souvent entre le paternalisme le plus répugnant, la (dé)monstration visqueuse des bons sentiments et le racisme le plus décomplexé. 1 Nombre de ses œuvres, qui ont pu être saluées à leur sortie en raison de leur supposée audace, portent un discours idéologique des plus problématiques. Outre la définition qu'elle donnent du racisme, elles se distinguent, avant tout, par la volonté de préserver les institutions étatiques de toute critique. Ce tabou n'est pas le seul fait du cinéma français si l'on songe par exemple au cas du western dit pro-indien dans lequel, après les massacres et les spoliations, le problème du racisme trouve sa résolution par le dévouement sans limites de la figure du justicier au visage pâle . Ainsi, le racisme devient le prétexte providentiel par lequel une bonne conscience f...

Battling Siki ou quand la boxe devint un ''sport anticolonial''

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Le 24 septembre 1922, Battling Siki commet l'irréparable en devenant le premier boxeur africain à conquérir un titre de champion du monde. Cet événement suscitera l'ire quasi-unanime d'une presse française qui ira jusqu'à qualifier la boxe de « sport anticolonial » mais également la satisfaction de Hồ Chí Minh, alors installé à Paris, et qui déclarera à l'issue de la rencontre que « depuis que le colonialisme existe, des Blancs ont été payés pour casser la gueule aux Noirs. Pour une fois, un Noir a été payé pour en faire autant à un Blanc […] Nous félicitons Siki de sa victoire ! »....     Si la plupart des boxeurs noirs qui avaient enthousiasmé le public parisien durant les vingt premières années du XXe siècle provenaient du continent américain( 1) , il existe toutefois une exception. Né en 1897 à Saint-Louis au Sénégal, sous le nom d'Amadou Phal, Battling Siki deviendra le premier champion africain du monde de boxe en 1922. ...